11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:09

♦ Les films américains des années 70, 80 et 90 primés à ce festival

1973 (1ère édition) président : le réalisateur français René Clément
• "Duel" : Grand prix

1974 (2ème édition) présidente : la comédienne française Sylvia Montfort
• "Soleil vert" : Grand prix
• "Hex" : Deuxième prix
• "Le monstre est vivant" et "Phase IV" : Prix spécial du jury ex aequo

1975 (3ème édition) président : le réalisateur Roman Polanski
• "Phantom of the Paradise" : Grand prix
• "A cause d'un assassinat" : Prix de la critique

1976 (4ème édition) président : le réalisateur Michelangelo Antonioni
• "Massacre à la tronçonneuse" : Prix de la critique

1977 (5ème édition) président : le réalisateur américain Steven Spielberg
• "Carrie au bal du diable" :
- Grand prix
- Mention spéciale pour Sissy Spacek pour son interprétation
• "Meurtres sous contrôle" : Prix spécial du jury
• "Le bus en folie" : Prix "fantastique" tout public

1978 (6ème édition) président : le réalisateur américain William Friedkin
• "Eraserhead" : Antenne d'or

1979 (7ème édition) président : le réalisateur (et producteur) américain Roger Corman
• "Halloween, la nuit des masques" : Prix de la critique
• "L'invasion des profanateurs" : Antenne d'or
• "Phantasm" : Prix spécial du jury

1980 (8ème édition) président : le réalisateur américain Sydney Pollack
• "C'était demain" : Grand prix + Antenne d'or
• "Terreur sur la ligne" : Prix spécial du jury
• "Fog" : Prix de la critique

1981 (9ème édition) - président : le réalisateur américain Norman Jewison
• "Elephant man" : Grand prix
• "Hurlements" et "Quelque part dans le temps" : Prix de la critique
• "Résurrection" : Prix spécial du jury

1982 (10ème édition) - présidente : l'actrice française Jeanne Moreau
• "Wolfen" : Prix spécial du jury

1983 (11ème édition) - président : le réalisateur australien George Miller
• "L'Emprise" : Prix d'interprétation pour Barbara Hershey
• "Dar l'invincible" : Antenne d'or

1984 (12ème édition) - président : le réalisateur américain John Frankenheimer
• "Dead zone" : Prix du suspense Hitchcock, Prix de la critique, Antenne d'or

1985 (13ème édition) - président : l'acteur américain Robert De Niro
• "Terminator" : Grand prix
• "Les griffes de la nuit" : Mention spéciale à Heather Langenkamp pour son interprétation, Prix de la critique

1986 (14ème édition) - président : le réalisateur américain Richard Lester
• "Re-animator" : Mention spéciale horreur

1987 (15ème édition) - président : le réalisateur français Philippe de Broca
• "Blue Velvet" : Grand prix
• "La Mouche" : Prix spécial du jury

1988 (16ème édition) - président : le réalisateur américain Sidney Lumet
• "Hidden" : Grand prix
• "RoboCop" : Prix d'excellence pour les effets spéciaux, Prix de la C.S.T.
• "Prince des ténèbres" : Prix de la critique


1989 (17ème édition) - président : l'acteur britannique Terence Stamp
• "Faux-semblants" : Grand prix, Prix de la C.S.T.
• "Le Blob" : Prix des effets spéciaux
• "Incidents de parcours" : Antenne d'or

1990 (18ème édition)
• "Lectures diaboliques" : Grand prix

1991 (19ème édition)
• "Darkside, les contes de la nuit noire" : Grand prix
• "Cabal" : Prix spécial du jury
• "L'échelle de Jacob" : - Prix du public
                                  - Prix de la critique
                                  - Grand prix de l'étrange

1992 (20ème édition)
• "Le sous-sol de la peur" : Prix spécial du jury
• "Timebomb" : Prix du public

1993 (21ème et dernière édition)
• "Dr. Rictus" : Prix spécial du jury
• "Candyman" : - Prix d'interprétation féminine pour Virginia Madsen
                       - Prix du public
                       - Prix de la meilleure musique pour Philip Glass

La création du festival d'Avoriaz

Le festival international du film fantastique d'Avoriaz a été créé en 1973 pour promouvoir la station de sports d'hiver française d'Avoriaz ouverte 11 ans plus tôt. Délégué général du festival, Lionel Chouchan l'a avoué : "Il fallait faire d'un lieu totalement inconnu un endroit à la mode, dans l'air du temps. Le fantastique a permis à Avoriaz d'accéder à cette notoriété." Le festival se tenait ainsi chaque année en janvier afin d'offrir aux festivaliers quelques belles descentes de ski entre deux projections - à moins que ce ne soit l'inverse.

Avoriaz n'a pas été fondé par des journalistes amateurs de fantastique comme les frères Alain et Robert Schlockoff, créateurs du festival de Paris, mais par Gérard Brémond, président du groupe immobilier Pierre et Vacances, et Lionel Chouchan, délégué général de 2 autres festivals construits par la suite sur le même modèle (une vitrine d'avant-premières) : le festival du cinéma américain de Deauville et le festival du film policier de Cognac.

Comme dans ces 2 autres manifestations d'ailleurs, le public était admis au festival d'Avoriaz, mais ne rentrait que dans la mesure des places disponibles, après la longue liste des invités et des V.I.P. chargés de véhiculer l'image d'un festival prestigieux dans les médias.

Le festival disparait en 1993 et est alors remplacé par le festival "Fantastic'Arts" de Gérardmer.


La programmation du festival d'Avoriaz

Le festival était, comme son nom l'indique, consacré au cinéma fantastique - bien que le classement de certains des films sélectionnés et primés dans cette catégorie puisse être paru contestable ("Massacre à la tronçonneuse", par exemple) si l'on se réfère à la définition du fantastique au cinéma proposée par Jean-Claude Romer : on peut parler de fantastique lorsque, dans le monde du réel, on se trouve en présence de phénomènes incompatibles avec les lois dites "naturelles".

Mais, coupé des racines populaires du genre qu'est le fantastique, Avoriaz a entretenu des rapports difficiles, voire conflictuels avec le cinéma gore, vis-à-vis duquel il a toujours éprouvé une attirance/répulsion.

Attirance, car le festival, se voulant l'écho de tous les courants du fantastique, ne pouvait passer à côté de l'explosion du gore dans les années 70 et 80.

Répulsion, car les outrances sanglantes de George Romero et consorts mettaient à rude épreuve la sensibilité d'invités effrayés par toutes ces horreurs. "J'ai connu pas mal de séances où les gens sortaient de la salle en hurlant", commente Lionel Chouchan. Dans la double stratégie d'Avoriaz - promouvoir le fantastique et faire connaître une petite station de ski en mal de skieurs fortunés -, le gore dérange, dénote. Le genre fait d'ailleurs figure de vilain petit canard au sein d'un festival fantastique bon teint. Alors que le festival de Paris joue la carte grand public, Avoriaz, son pendant chic et mondain, avec ses prestigieux invités parisiens, tente de tenir le gore qui tache à l'écart. "Pour moi, le gore est un appendice du porno... D'une façon générale, je n'aime pas trop le gore. Quand c'est réussi, c'est une parodie, un pastiche des films d'horreur. Quand c'est raté, c'est de la boucherie médiocre. Historiquement, le gore a plombé l'image d'Avoriaz petit à petit, en jouant un rôle réducteur." Ces propos sont de Lionel Chouchan en personne.

Ainsi, même si ce dernier affirme qu'il n'y a jamais eu de censure du comité de sélection et que le festival a présenté "les films les plus sulfureux qui soient", le gore pur et dur n'avait guère plus d'un représentant par an lors des premières éditions. Cette représentation est devenue plus importante à partir de 1981. Le phénomène s'explique aisément : le gore ayant obtenu une certaine reconnaissance de l'industrie, il était fatal qu'il déboule massivement sur les écrans de la station alpine.

A cela près que, passé un premier moment d'amusement et alors que les organisateurs ont encouragé au début la publicité, par exemple en versant, en 1980, des seaux de peinture rouge sur le sol, le festival a fini par trouver embarrassants les articles des médias qui, en titrant "Du sang dans la neige", amalgamaient la sélection à une suite de coups de couteau et de violences diverses. A donc été ouverte, en 1986, une section intitulée "Peur" destinée à enfermer le gore dans une sorte de ghetto doré. C'était sans doute encore trop puisqu'en 1990, cette section fut fermée. Et dès 1991, les films gore ont été relégués en séances non compétitives en étant cantonnés dans les séances de minuit.

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