4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 23:14

titre original "The Sentinel"
année de production 1977
réalisation Michael Winner
interprétation Chris Sarandon, Cristina Raines, Martin Balsam, John Carradine, Ava Gardner,
  Eli Wallach, Burgess Meredith, Christopher Walken, Jeff Goldblum, Tom Berenger
   
récompense Prix du meilleur acteur pour Burgess Meredith au festival de Sitges 1977


La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


La critique de Didier Koch

Depuis "Un justicier dans la ville" en 1974, le réalisateur anglais Michael Winner est devenu bankable à Hollywood. Il n'est donc pas étonnant que l'Universal se tourne vers lui pour mettre en image cette petite production destinée à surfer sur la vague des films horrifiques religieux en vogue depuis les succès de "Rosemary's baby" (1968), de "L'Exorciste" et de "La Malédiction".

Avec un casting de vieilles gloires mené par Chris Sarandon et la très jolie Cristina Raines déjà vue chez Robert Altman dans "Nashville", Michael Winner, très inspiré par Polanski cité plus haut, livre une histoire à mi-chemin entre le simple film de maison hantée et la réflexion sur la religion, dernier refuge contre les forces de Satan qui tentent d'envahir l'univers.

Comme souvent chez Winner, les films de pur divertissement ont un sous-texte social assez tranché régulièrement vilipendé par la critique comme trop radical. C'est ici la dérive de la société vers la superficialité qui est dénoncée à travers l'univers de la mode, symbolisé par le personnage d'Alison (Cristina Raines), mannequin qui a commis le péché d'avoir tenté de se suicider, ce qui lui vaut d'être choisie par un groupuscule de dignitaires religieux pour garder la porte de l'enfer (sic !).

Tout ceci est un peu alambiqué, et la volonté de Winner de coller aux grands principes de "Rosemary's baby" ainsi que le manque de moyens lui font souvent emprunter des chemins tortueux déroutants. Bref, on s'ennuie parfois si n'était le joli minois de Cristina Raines. Les meilleures scènes restent les quelques fulgurances réussies par Winner, notamment dans le portrait des résidents de la villa maudite où emménage Alison (le couple lesbien très fun). Le tout un peu soporifique dégage malgré tout un côté old school fort sympathique renforcé par son défilé de vedettes sur le retour (Ava Gardner, John Carradine, Burgess Meredith) et de jeunes pousses encore inconnues (Christopher Walken, Tom Berenger, Jeff Goldblum).

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