15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:04

The wiZARD of OZ



titre original "Zardoz"
année de production 1974
réalisation John Boorman
scénario John Boorman
photographie Geoffrey Unsworth
production John Boorman
interprétation Sean Connery, Charlotte Rampling, Niall Buggy, Sara Kestelman,
  John Boorman (cameo)



La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


La critique de Sébastien Miguel

Remake officieux du très beau "Géant de Métropolis" ("Il gigante di Metropolis", 1961), "Zardoz" est le plus baroque des films de Boorman. Handicapé par un budget insuffisant, le ‘visionnaire en son temps’ multiplie les audaces, les provocations et les inventions.

L’extraordinaire conteur nous éblouit dans d’incroyables séquences : le prologue surréaliste, le masque de pierre inspiré de Magritte, l’interrogatoire où Sara Kestelman découvre les véritables buts de Z (scène d’anthologie à étudier dans les écoles de cinéma), la réapparition cauchemardesque d’Arthur Frayn...

Boorman cite "Orange mécanique" (avec la 7ème de Beethoven), "La dame de Shanghai" et se perd dans certains excès (Z de l’autre côté du miroir : scène interminable que Boorman propose de zapper sur le commentaire audio du Dvd !).

Zardoz - hippies Zardoz - mariée

Entre satire (les immortels représentés comme des hippies efféminés), farce (Sean Connery en belle mariée !) et réflexion métaphysique (la vie détient-elle encore une valeur si la mort n’en est pas la conclusion ultime ?), cette production audacieuse, foisonnante et parfois indigeste se regarde avec une certaine fascination.

Totalement investi dans ce chef-d’œuvre ‘camp’, et arborant un magnifique slip kangourou et une moustache de camionneur, Sean Connery est étonnant.

Surchargé et furieusement poétique.


La chronique de Nanarland : cliquer ici (chronique + contre-chronique, la nanardise du film ne faisant pas l'unanimité).

Zardoz est-il aussi nanardesque que sa réputation le laisse penser ? Pas sûr...


La 7ème de Beethoven

La symphonie nº7 en la majeur, opus 92, de Ludwig van Beethoven a été composée parallèlement à sa symphonie n°8 entre 1811 et 1812 à Teplitz en Bohême (période au cours de laquelle il rencontra Goethe). Elle marque un retour vers une forme strictement classique après les "écarts" des précédentes et une composition purement musicale sans message d'éthique. Elle est structurée en 4 mouvements, formant une « apothéose de la danse » selon Richard Wagner, pour une durée de 40 minutes environ. Sa première exécution eut lieu le 8 décembre 1813 à Vienne.
Des extraits de cette œuvre ont été utilisés dans les bandes sons de "Zardoz" donc (extrait du 2nd mouvement dans la scène finale), "Les uns et les autres" (Claude Lelouch, 1981, France), "Ludwig van B.", "Irréversible" (Gaspar Noé, 2002, France), "A bord du Darjeeling Limited", "Prédictions" et "Le discours d'un roi" (Tom Hooper, 2011, Royaume-Uni).
Une autre symphonie de Beethoven, la 9ème (n°9 en ré mineur, opus 125), a également été très utilisée au cinéma : "Orange mécanique", "Piège de cristal", "Le cercle des poètes disparus", "Ludwig van B.", "Shine" (Scott Hicks, 1996, Australie), "Sexe intentions", "Bowling for Columbine", "Equilibrium" et "Southland tales".


Références

"Zardoz" se référe donc au peintre surréaliste belge René Magritte (1898-1967) avec le masque de pierre volant, (cf. "Le château des Pyrénées", 1959, collection particulière, New York), mais aussi avec le fameux œil de l'huile sur toile "Le faux miroir" (1928, MOMA, New York).
Pour mémoire, une autre œuvre de Magritte, "L'empire des lumières", fut source d'inspiration pour l'affiche de "L'Exorciste".
A propos de la peinture et du cinéma, lire le dossier du Ciné-club de Caen consacré à ce sujet : www.cineclubdecaen.com/analyse/peinture.htm.

Zardoz - René Magritte

Le film fait par ailleurs référence à la célébrissime scène des miroirs de "La dame de Shanghai", qui est également citée dans "Opération dragon", "L'homme au pistolet d'or" et "Meurtre mystérieux à Manhattan".



Auto-références

- Le personnage d'Arthur Frayn dans "Zardoz" et celui de Merlin l'Enchanteur dans "Excalibur" : "In this tale, I am a fake god by occupation - and a magician, by inclination. Merlin is my hero!"
- Le masque dans "Zardoz" et celui de Mordred dans "Excalibur".

On notera que Boorman s'auto-citera également dans "Excalibur" avec l'image de la main sortant du lac, rappelant celle de "Délivrance".



Couvertures de magazines


Couverture du Positif de mars 1974

Couverture du Films and Filming de mars 1974


Couverture de Cinefantastique

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