22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 13:41

May the Force be with you
 


titre original "Star wars - A new hope"
année de production 1977
réalisation George Lucas
scénario George Lucas
musique John Williams
interprétation Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Alec Guiness, David Prowse,
  Peter Cushing, James Earl Jones
   
récompenses • Oscar de la meilleure musique originale
  Oscar du meilleur mixage
  Oscar du meilleur montage
  Oscar des meilleurs effets visuels
  Oscar de la meilleure direction artistique
  Oscar de la meilleure création de costumes
   
épisodes précédents • "La menace fantôme", George Lucas, 1999
  • "L'attaque des clones", George Lucas, 2002
  • "La revanche des Sith", George Lucas, 2005
   
épisodes suivants • "L'Empire contre-attaque", Irvin Kershner, 1980
  • "Le retour du Jedi", Richard Marquand, 1983


La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Enorme succès pour cette production qui disposait de moyens considérables. Sur le plan technique, la réalisation reste encore impressionnante. Mais au niveau du scénario, le film s'adresse à un public enfantin et reste dans le space opera bien inférieur aux vieilles bandes dessinées comme "Flash Gordon" que pimentait un aimable érotisme. Malgré l'humour des deux robots, l'ensemble paraît bien fade.


La critique de Didier Koch

Délicat d’évoquer le premier, devenu le quatrième, épisode d’une saga qui s’étend désormais sur six opus, un septième étant attendu pour décembre 2015. Classé 15ème meilleur film de tous les temps par l’American Film Institute, "Star wars" est, depuis presque quarante ans, couvert de louanges. Difficile donc, dans ce contexte, de démêler ce qui revient aux qualités du film lui-même de ce qui découle du formidable talent d’affairiste de son réalisateur qui, juste après "Les dents de la mer" de son ami Steven Spielberg, a complètement révolutionné l’industrie du cinéma.

Si l’on a eu la chance de ne pas être contaminé par la fièvre générale qui a saisi quasiment chaque génération d’adolescents depuis 1977, fièvre réactivée par les trois nouveaux épisodes sortis entre 1999 et 2005, on peut tenter de mener une critique lucide du travail de George Lucas qui, en 44 ans de carrière, n’aura réalisé que six films, dont quatre de la fameuse saga.

Qu’est-ce qui a pu, à l'époque, susciter un tel engouement, qui décidera de tout l’avenir du mode de production des films à Hollywood ? Sans doute pas la facture esthétique du film, plutôt naïve et maladroite, quand on voit à la même période le niveau de perfection technique atteint par des films comme "Alien" ou "Blade runner" réalisés tous deux par Ridley Scott. Ni la virtuosité de l’intrigue, relativement simpliste quant à son fondement basé sur une opposition frontale et manichéenne entre les forces du Bien et celles du Mal. Encore moins le charisme des interprètes, loin d’être valorisé par un George Lucas qui se montre d'emblée un piètre directeur d’acteurs.

C’est peut-être paradoxalement dans la somme de toutes ses imperfections que "Star wars" puise son magnétisme intergénérationnel, ou peut-être aussi dans sa bonne humeur communicative, Lucas, au contraire de Kubrick, offrant une vision rassurante du monde extra-terrestre. La science-fiction a toujours porté en elle un tropisme apocalyptique encore plus fortement véhiculé par les écrivains et les réalisateurs durant la guerre froide, qui sévit depuis plus de trente ans quand Lucas met en chantier son film.

C’est sans doute cette façon enfantine de jouer aux cowboys et aux indiens dans l’espace qui a séduit les spectateurs américains à la sortie du film, lui faisant un triomphe sans précédent. "Blade runner", film adulte pourtant narrativement et visuellement nettement plus abouti, mais aussi beaucoup plus noir, n’aura pas le même succès. Ce qui nous fait dire que, alors que la guerre du Vietnam touchait à sa fin, le public américain avait envie d’un peu d’air frais. Les films d’aventure, comme les westerns, ayant à l’époque disparu des écrans, George Lucas arrive pile-poil comme un messie, offrant, dans un même film, les meilleurs moments de genres cinématographiques populaires, dont l’absence hantait certainement l’inconscient du public soudainement ravi de pouvoir s’offrir un voyage régressif salutaire dans l’univers enfantin.

Si l'on veut un instant jouer au jeu des similitudes, Luke Skywalker (Mark Hamill), c’est un peu Tintin, Han Solo (Harrison Ford), le capitaine Haddock, Obi-Wan « Ben » Kenobi (Alec Guinness), le professeur Tournesol, C-3PO et R2-D2, les Dupont, la princesse Leia (Carrie Fisher), la Castafiore, et enfin Chewbacca, Milou ou le gentil yéti de "Tintin au Tibet". Hergé était arrivé en pleine dépression, Lucas arrive au bout d’une guerre froide qui s’épuise. On peut voir une certaine fraternité artistique entre les deux créateurs, capables de séduire par la simplicité de leur trait ou de leur image, mais aussi tous les deux hommes d’une seule œuvre.

L'attente enfouie du public, le contexte sociologique, l'originalité et la naïveté de l'œuvre ainsi que la musique de John Williams ont allumé la mèche. L'adresse marketing de George Lucas et la promesse de suites à venir ont fait le reste. On n'explique pas toujours facilement les succès phénoménaux de certains films, qui agissent parfois selon des mixtures complexes sur le public. George Lucas avait sans doute la force en lui, et tel était sans doute le destin de "Star wars" !

A revoir le film séminal de la saga aujourd'hui, avec ses longueurs, sa scène finale de combat plutôt ratée, ses décors parfois un peu tocs, sa Carrie Fisher insipide avec ses deux chignons sur les oreilles, le déguisement plus qu'improbable de Chewbacca, le fidèle compagnon d'Han Solo, le mystère s'épaissit et les explications sociologiques prennent forcément le pas sur celles purement filmographiques.




Affiche de l'édition spéciale


Couverture de Cinefantastique





Photos de tournage







 

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