8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 18:13

titre original "Coming home"
année de production 1978
réalisation Hal Ashby
scénario Waldo Salt et Robert C. Jones
photographie Haskell Wexler
interprétation Jane Fonda, Jon Voight, Bruce Dern, Robert Carradine
   
récompenses • Oscar du meilleur scénario original
  • Oscar de la meilleure actrice pour Jane Fonda
  • Oscar du meilleur acteur pour Jon Voight
  • Prix d'interprétation masculine pour Jon Voight au festival de Cannes 1978


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un film non plus sur le "pourquoi" de la guerre du Viêtnam, mais sur "l'après". Jane Fonda est la caution du militantisme de ce film, par ailleurs bien mis en scène par Ashby, mais qui suscita des remous aux Etats-Unis.


La critique de Didier Koch

Ancien monteur pour des cinéastes comme William Wyler, George Stevens ou Norman Jewison qui produira son premier film, Hal Ashby deviendra un des réalisateurs les plus emblématiques de l'esprit des seventies. Sa carrière sera relativement courte en raison de sa disparition prématurée à l'âge de 59 ans en 1988.

Ayant déjà bousculé le conformisme ambiant avec "Harold et Maude" qui narrait une relation amoureuse consommée entre une vieille dame et un adolescent pré-pubère, il s'allie à Jane Fonda, alors en pleine période militante, pour monter ce film abordant les difficultés de réinsertion des militaires engagés au Vietnam. "Le Retour" ouvre la voie à d'autres films restés plus célèbres comme "Voyage au bout de l'enfer" (1978), "Apocalypse Now" (1979), "Rambo" (1982) "Platoon" (1986) ou encore "Full metal jacket" (1987).

Le film ayant récolté trois Oscars majeurs, dont ceux des meilleurs acteurs pour Jon Voight et Jane Fonda, on comprend mal a priori sa relative disparition des écrans radars lorsque la décennie seventies est évoquée. La présence de Jane Fonda au générique a sans doute fortement joué dans l'inclinaison romantique un peu niaise du film. "Love story" n'est pas si loin, et Jane Fonda a encore aux Etats-Unis l'image de la jeune femme de bonne famille, même si "Klute" a quelque peu modifié les choses. Jon Voight, de son côté, reste connu pour son rôle de jeune étalon perdu dans le New York underground  de "Macadam cowboy" (John Schlesinger", 1969).

Le piège du mélo sirupeux tendait donc les bras au duo de scénaristes constitué de Robert C. Jones et Waldo Salt, et ils ont sauté à pieds joints dedans. Le statut d'handicapé de Luke Martin (Jon Voight) offre dès lors l'écrin idéal pour une acmé lacrymale dans laquelle la trop sage épouse du trop rigide Capitaine Hyde (Bruce Dern) va s'éprendre du beau rebelle cloué sur son fauteuil qui ne demande qu'à prouver qu'il est encore un homme.

Empêtré dans toute cette guimauve, difficile pour Asbhy et ses trois acteurs principaux de ne pas sombrer dans tous les clichés du genre. Aucun ne nous est épargné. Tous les groupes rock mythiques de l'époque ont beau se charger d'électriser la bande originale (les Beatles, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Bob Dylan, Jefferson Airplane, les Rolling Stones), on a bien du mal à se dire qu'Ashby veut réellement nous donner une image crédible du retour douloureux de cette jeunesse sacrifiée à des intérêts peu perceptibles du commun des mortels.

Reste Jane Fonda toujours aussi craquante, qui a dû se dire après coup qu'elle avait un peu manqué sa cible.

Juste derrière, Ashby réalisera "Bienvenue, Mister Chance", où il saura se montrer beaucoup plus incisif.      


Le commentaire de Pierre

Voici la liste des chansons présentes dans la bande originale du "Retour", beau film sur les vétérans du Viêtnam :
- "Out of time", "Ruby tuesday", "No expectations", "My girl", "Jumpin' Jack Flash" et "Sympathy for the Devil", The Rolling Stones ;
- "Manic depression", Jimi Hendrix ;
- "Born to be wild", Steppenwolf ;
- "Strawberry fields forever" et "Hey Jude", The Beatles ;
- "White rabbit", Jefferson Airplane ;
- "For what it's worth", Buffalo Springfield ;
et j'en oublie plein...
Ça se termine par "Once I was" de Tim Buckley, qui est une belle chanson.
Hallucinant ! En 1978, on pouvait faire ça, aujourd'hui, le prix de la BO permettrait à elle seule de financer plusieurs films.

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