15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 18:06

The show must go on

"Bye bye love"
"On Broadway", George Benson (live)

titre original "All that jazz"
année de production 1979
réalisation Bob Fosse
musique Ralph Burns
interprétation Roy Scheider, Jessica Lange
   
récompenses • Palme d'or au festival de Cannes 1980,
     ex æquo avec "Kagemusha" d’Akira Kurosawa (Japon)
  • Oscar de la meilleure adaptation musicale
  • Oscar du meilleur montage
  • Oscar de la meilleure direction artistique
  • Oscar de la meilleure création de costumes


La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

L'envers du music-hall : l'épuisement, le surmenage et, au bout du compte, la mort avec, en contrepoint, le spectacle qui continue. C'est, à travers un portrait de chorégraphe (un peu encombré de clichés), une réflexion sur le métier de metteur en scène.


Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

D'une méditation sur sa propre mortalité, Bob Fosse tire une "comédie" musicale testamentaire qui aborde audacieusement les problèmes de la création, de l'ambition, des rapports de l'artiste au spectacle.


La critique de Didier Koch

"All that jazz", à défaut d’être un film parfait, constitue certainement un évènement unique dans l’histoire du cinéma. Bob Fosse, chorégraphe idolâtré de la scène new-yorkaise, dans un film prémonitoire, se livre quelques huit ans avant sa mort à son propre testament artistique et personnel. La courte filmographie de Bob Fosse, qui s’étale de 1969 ("Sweet charity") à 1983 ("Star 80") n’aura eu comme seul thème que le monde du spectacle qu’il connaissait si bien et pour lequel il se consumait.

Le choix de Roy Scheider pour tenir le rôle de Joe Gideon, alter ego de Fosse dans le film, n’était pas évident au regard du passé de Scheider, plus habitué à jouer les durs implacables que les danseurs tourmentés. Ce choix de casting s’avère payant, même s’il est dommage que le numéro final où Fosse demande à Scheider de chanter et de danser soit à la limite du ridicule, alors que tout avait été jusqu'alors parfaitement orchestré pour préserver la crédibilité du personnage.

Le dialogue avec la mort représentée par une Jessica Lange qui vous fait tout d’un coup envisager l’issue fatale plus sereinement est un joli parti pris scénaristique, qui permet à Fosse de faire son introspection de manière poétique et pas trop pesante. Les différentes alertes lancées par la belle Jessica ne calment en rien la passion dévorante de Gideon pour son métier, et l’on peut voir dans les  prises  successives de dexedrine sous la douche, rythmées par le premier mouvement du concerto « alla rustica » de Vivaldi (concerto grosso in G Minor RV578), l’aveu d’une tentation suicidaire plus ou moins consciente. A ce sujet, ce n’est sans doute pas pour rien que Fosse a prêté la figure de la diaphane Jessica Lange à l’archange de la mort. Gideon, comme Fosse, aura utilisé son métier comme prétexte à l’assouvissement de toutes ses pulsions qu’il fait passer avant ses relations avec celles qui l’aiment.

C’est un égoïsme effréné comme le prix à payer à la création que met en scène Bob Fosse et, comme pour s’excuser de cet hédonisme débordant, il s’octroie dans un dernier souffle, à travers le baiser à la vieille femme mourante, un don de soi qu’il n’aura pas su offrir sur terre.

Esthétiquement, les numéros de danse sont parfaitement exécutés, notamment le duo dans l’appartement de Gideon entre sa fille et sa maîtresse.

Enfin, on peut remarquer un hommage de Fosse à son film précédent, "Lenny", dont il place allégoriquement la mise en scène en train de se faire en insert dans plusieurs scènes.

Un très beau film, foisonnant, qui mérite certainement sa Palme d’or à Cannes en 1979 à côté du "Kagemusha" de Kurosawa. Fosse ne pouvait certainement pas rêver plus belle reconnaissance que de se trouver récompensé à côté du maître japonais.

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